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Histoire de l'engagement social et syndical

Sélection de documents et de témoignages sonores

 

Sélection faite à partir du dossier présenté de lors de la journée d’études de didactique de l’histoire « Enseigner l’histoire de l’engagement II. L’engagement social » du 10 mai 2016 organisée par l’Equipe de didactique de l’histoire et de la citoyenneté de l’Université de Genève (EDHICE).

 

Table des matières du dossier

A. Luttes syndicales dans le bâtiment à Genève (1928-1940)

B. Lutte des chômeurs genevois dans les années 30

C. Louisa Vuille (1901-1994), ouvrière horlogère et militante syndicale

D. Maxime Chalut (1912-1999) et la fusillade du 9 novembre 1932

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A. Luttes syndicales dans le bâtiment à Genève (1928-1940)

En 1928, à l’issue de deux semaines de grève, les ouvriers du bâtiment genevois obtiennent de haute lutte une convention collective de travail qui prévoit notamment des hausses de salaire et le congé du samedi après-midi. Au cours des années suivantes, ils devront fréquemment lutter afin que ces nouveaux acquis ne soient pas remis en question, ce que documente l’historien Alexandre Elsig dans son ouvrage La Ligue d’action du bâtiment. L’anarchisme à la conquête des chantiers genevois paru en 2015.

 

Quelques documents

1. Convention collective de travail des maçons, manoeuvres et terrassiers, juin 1928

Au terme de 17 jours de grève, les manœuvres et maçons ainsi que les plâtriers et les peintres obtiennent une convention collective de travail, la première depuis 1920. Elle prévoit la revalorisation des salaires minimum : manœuvres 1,20 fr/h (+ 40 cts), maçons 1,55 fr/h (+ 20 cts), peintres 1,50 fr/h (+ 30 cts), plâtriers 1,75 fr/h (+ 25 cts). L’horaire de travail hebdomadaire est ramené à 50 heures durant la belle saison, 44 heures durant l’hiver, avec le samedi après-midi de congé. Peu après, la Ligue d’action du bâtiment est créée afin de faire appliquer la convention, par la force si nécessaire.

 

Fonds FOBB, Archives d'Etat de Genève (reproduit dans A. Elsig, 2015, pp. 42-43)

 

2. Grève des couvreurs, 18 septembre au 21 octobre 1931

Cinq semaines de grève permettent d'obtenir une augmentation de salaire. Par contre, les ouvriers n'obtiennent pas de vacances payées.

Photographie. Collège du travail, PHO-E3-005

 

3. Grève générale du 3 septembre 1932

Face aux menaces de baisse de salaire, une grève générale du bois et du bâtiment est organisée le samedi 3 septembre 1932. Une violente bagarre entre manifestants et ouvriers non grévistes a lieu sur le chantier de la Société des nations.

Affiche de la FOBB. Collège du travail, PHO-E3-005

 

4. Interview de Henri Tronchet (1915-1993) sur les luttes syndicales, la Ligue d'action du bâtiment et les aléas de la mémoire, par Alda de Giorgi, 1992.

Extrait n° 1, 3'33'', Collège du travail, SON-D-001

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Extrait n° 2, 2'05'', Collège du travail, SON-D-001

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Bibliographie

ELSIG Alexandre, La Ligue d’action du bâtiment. L’anarchisme à la conquête des chantiers genevois dans l’entre-deux-guerres, Lausanne ; Genève : Editions d’en bas & Collège du travail, 2015

TORRACINTA Claude, Le temps des passions : Genève 1930-1939, Genève : Tribune éditions, 1978.

WIST Christiane, La vie quotidienne et les luttes syndicales à Genève. 1920-1940, Genève : Collège du travail, 1984.

 

B. Lutte des chômeurs genevois dans les années 30

La crise économique qui s’installe dans les années 30 provoque une forte hausse du nombre de chômeurs à Genève. Le mouvement ouvrier se mobilise et demande l’ouverture de chantiers de chômage ainsi qu’un soutien financier aux sans emplois.

 

Quelques documents

1. Manifestation de chômeurs, 1931

Photographie. Collège du travail, Fonds Louis Piguet, 13.4

 

2. Action de destruction de taudis, 1935

Affiche de la FOBB, du Comité de chômeurs et de l'Union des locataires. Collège du travail, ICO-013.

 

3. Interview de Henri Tronchet (1915-1993) sur la lutte contre les évacuations, par Christiane Wist, 1983.

Extrait n° 1, 1'45'', Collège du travail, SON-A-004-1

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Extrait n° 2, 2'44'', Collège du travail, SON-A-017-1

 

Bibliographie

ELSIG Alexandre, « L’action directe contre les expulsions et les saisies », in La Ligue d’action du bâtiment. L’anarchisme à la conquête des chantiers genevois dans l’entre-deux-guerres, Lausanne ; Genève : Editions d’en bas & Collège du travail, 2015, pp. 111-137.

TORRACINTA Claude, Le temps des passions : Genève 1930-1939, Genève : Tribune éditions, 1978.

WIST Christiane, « Les évacuations et les relogements dans des taudis de l’État – la démolition des taudis », in La vie quotidienne et les luttes syndicales à Genève. 1920-1940, Genève : Collège du Travail, 1984, pp. 69-80.

 

C. Louisa Vuille (1901-1994), ouvrière horlogère et militante syndicale

Militante de la Fédération des ouvriers de l'horlogerie et de la métallurgie (FOMH) et du Parti du travail.

Louisa Vuille, 1943                       Atelier Chatelain, 1953 (Destin et volonté, p. 33 et 36)

 

Interview de Louisa Vuille sur son expérience syndicale chez Rolex et son engagement en politique, par Alda de Giorgi, 1992.

Extrait n° 1, 1'50'', Collège du travail, SON-D-005-1

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Extrait n° 2, 1'46'', Collège du travail, SON-D-005-1

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Lire la biographie de Louisa Vuille

 

Bibliographie

VUILLE Louisa, Destin et volonté, Genève : Coopérative d’imprimerie Pré-Jérôme, 1984.

GAJARDO MUNOZ Jorge, Du Théâtre Prolétarien au groupe L’effort 1930-1940, Université de Genève, mémoire de licence, 2001.

 

D. Maxime Chalut (1912-1999) et la fusillade du 9 novembre 1932

Ouvrier électricien, passioné de football, très engagé dans le sport ouvrier, dans la fédération SATUS, militant de la jeunesse socialiste puis du Parti du travail.

Portrait de l'équipe genevoise de football Satus, avec Maxime Chalut (1er debout à gauche), 1937. Collège du travail, MCH-A-6-3

Interview de Maxime Chalut, par Alda de Giorgi, 1992.

A l’occasion de l’exposition « C’était pas tous les jours dimanche ». Vie quotidienne du monde ouvrier, Genève 1890-1950  organisée par le Musée d’ethnographie et le Collège du travail. Total : 1h30. Chalut parle longuement du sport ouvrier et du rôle qu’il y a joué. Il revient également sur le 9 novembre 1932 et son refus de servir.

Extrait, 3'34'', Collège du travail, SON-D-004-1

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Bibliographie

BATOU Jean, Quand l’esprit de Genève s’embrase. Au-delà de la fusillade du 9 novembre 1932, Lausanne : Editions d’en bas, 2012.

CHALUT Maxime, « Pour avoir répondu "non" à un colonel », in Soixante ans après la fusillade du 9 novembre à Genève. Pour une histoire sans trous de mémoire, Genève : Groupe pour une Suisse sans Armée, 1992, pp. 9-10.

DETRAZ Christine (dir.), « Les 13 morts du 9 novembre 1932 », in « C’était pas tous les jours dimanche… », Vie quotidienne du monde ouvrier, Genève 1890-1950, Genève : Musée d'ethnographie & Collège du travail, 1992, pp. 64-65.

HEIMBERG Charles, Stéfanie PREZIOSO & Marianne ENCKELL (dir.), Mourir en manifestant. Répressions en démocratie. Le 9 novembre 1932 en perspective, Lausanne : Editions d’en bas & AEHMO, 2008.

JEANNERET Pierre, Dossier « La fusillade de 1932 », in Passé simple n° 1, janvier 2015. Accès en ligne http://www.notrehistoire.ch/article/view/1739/

TORRACINTA Claude, Le temps des passions : Genève 1930-1939, Genève : Tribune éditions, 1978.

 

Ressources iconographiques

Photographies de Joseph Kettel sur le 9 novembre 1932, Centre d'iconographie genevoise http://www.ville-ge.ch/musinfo/bd/bge/cig/result.php?type_search=simple&lang=fr&criteria=kettel&terms=all